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LE JARDIN DU SON – RAPPORT DE FLORENCE

Notre stage se déroule du 10 au 14 avril, autour d’un thème général largement suggéré par le titre-même de notre projet : « Le paysage dans lequel nous vivons ». De manière à mettre en valeur le potentiel sonore des objets du quotidien et de présenter aux participants les activités qui leur seront proposées, le premier jour est consacré à l’exploration des différentes sonorités de divers objets, des sons produits par la seule prononciation de nos prénoms… Cette activité fera par la suite le lien avec le travail fait en collaboration avec des enfants dans le cadre du projet « Drinnn! Come Suona La Mia Scuola? », mis en oeuvre avec des enfants de 6 à 8 ans. Le côté dynamique de ces activités fait suite à un temps de relaxation et d’exercices de respiration mené par par Benedetta Manriani.

Le lendemain, après cette présentation générale, le groupe de participants se voit divisé en sessions (matin et après-midi) pour suivre les activités de la veille mais cette fois-ci appliquées au enfants. Il nous a été donné d’observer la façon dont les jeunes enfants réagissent à ces exercices de pédagogie de l’écoute ou d’exploration des sonorités, ainsi que l’impact de ces activités. Au-delà de cette démonstration, un simple système d’annotation est mis en place, facile et rapide à comprendre, basé sur l’association entre le son et des dessins (une sorte de partition graphique où l’annotation est basique, formée par « quoi » et « similaire à ». Par exemple : « Bottle » , « Toc »).

Le troisième jour d’activités se déroule à l’Oasi WWF, créé par un biologiste : Carlo Scoccianti. S’y déroule une promenade sonore menée par Francesco Giomi de Tempo Reale. Le projet Oasi cherche à reproduire des espaces naturels dans un lieu proche de la ville. Il est désormais protégé par des lois de préservation de l’environnement. Pour cette activité, une chose nous saute aux oreilles : la cohabitation entre les sons venant de paysages sonores urbains et ceux issus d’un paysage sauvage (bien qu’artificiel). Nous observons alors leur relation et l’enregistrons afin de l’étudier plus tard.

Le quatrième jour, nous allons voir le travail fait avec les prisonniers de la Casa Circondariale di Sollicciano, mené en partenariat avec Tempo Reale. Par analogie avec la promenade sonore, les détenus participant au projet utilisent des éléments issus de leur propre réalité, environnement, pour composer des musiques ensuite présentées publiquement à l’intérieur et à l’extérieur de la prison. Parmi ces éléments, on peut citer l’objet premier du discours (la description d’événements, des récits de vie), ou encore la sonorité des langues d’origine de chaque participant (d’Italie, du Pérou, du Nigeria, de Tunisie). Après la présentation de ce projet musico-social, nous profitons d’un moment d’explication lors d’une entrevue avec l’un des organisateurs, ce qui nous permet d’en savoir plus sur les lieux, l’environnement de la prison.

Nous devons l’activité de clôture à un artiste Japonais : Ryoko Akama, au TRK Sound Club. Le concert repose sur l’utilisation d’objets tels que des ballons, des papiers, bouteilles, boules et bien d’autres, dans une performance exploratoire des sons et de l’espace utilisant la vidéo en direct.

De manière générale, bien qu’indépendantes et montrant des caractéristiques propres, toutes les activités décrites ici sont reliées par un thème : celui de l’inhabituel. Des sonorités inhabituelles, des lieux inhabituels. De telles approches du son nous permettront par la suite de mettre en oeuvre ce que nous avons pu observer et développer, autant pour les participants n’ayant pas l’habitude des promenades sonores ou des autres formes d’observation/manipulation du son, que pour les artistes et professionnels des champs musicaux et de l’éducation.

 

Rapport de Túlio Augusto, musicien et compositeur.